• Marie BOUTET

Comment se construit une reconversion ? Mon parcours du modélisme aux transitions professionnelles

Dernière mise à jour : 11 mai



Pour ma seconde publication, une amie, qui a assisté à la naissance et la construction de mon entreprise, m'a suggéré de parler de mon parcours professionnel, Qui Suis-je ? | MB Conseil et Compétences | Sèvres (mbconseiletcompetences.fr), d’où je viens, ce qui m’a amené sur ce métier, les différentes étapes et ce que je mets de moi dans ce métier que j’aime tant.

J’ai fait un bref passage dans la mode. Après l’obtention d’un BTS de modélisme industriel, j’ai intégré des entreprises reconnues dans le domaine de la lingerie – corseterie. Je l’admets sans fard aujourd’hui, je n’étais pas adaptée à ce milieu professionnel, malgré le travail, les efforts, la motivation, le quotidien était peu épanouissant, presque angoissant pour moi. Je ne me retrouvais pas dans les valeurs intrinsèques, dans le peu de cas que l’on faisait du collaborateur en tant qu’individu.


Les arts graphiques pendant 15 ans


Par chance, j’ai croisé et convaincu des personnes qui m’ont ouvert les portes des arts graphiques via le métier de cheffe de fabrication. Je découvrais alors de nouvelles valeurs de partage de connaissances. L’accueil a été franc et chaleureux. J’ai été formée à la chaine graphique au fur et à mesure des projets. Accompagnée dans mon apprentissage, que je mettais en œuvre concrètement, c’était la découverte un nouvel univers professionnel !

Ce métier m’a permis de développer mes compétences relationnelles. La coordination est essentielle, l’écoute, la compréhension des besoins et contraintes également. La connaissance technique, la force de travail et la curiosité ont été les piliers de ma progression professionnelle. Au fil de l'expérience, je découvrais différentes entreprises, leur mode de fonctionnement, de management, de gestion des collaborateurs. J’évoluais en changeant d’entreprise tous les 3 ans environ. Je devais construire un climat de confiance avec le client, en répondant à ses besoins, le conseillant, le formant si besoin, tout en lui offrant une prestation de qualité. J’entretenais une collaboration en partenariat avec les imprimeurs, là aussi la confiance était importante. En parallèle, je nouais des relations sincères avec mes collègues, qui sont aujourd’hui devenu(e)s des ami(e)s.

Outre mon appétence pour la technicité et l’humain, ce métier me permettait d’utiliser mes forces : écouter, anticiper et répondre à un besoin. Je voyais concrètement mon utilité. C’est là que je ressentais le plus d’épanouissement. Ce sentiment d’apporter à l’autre une solution, une réponse à un besoin identifié. C’est également pour cette compétence que j’étais recrutée. Mon profil était recherché par les agences pour la mise en place de nouveaux comptes clients, construire la relation commerciale, établir les bases de la collaboration. Mais le gros défaut que je présentais était mon authenticité … mon manque de sens politique. La relation « commerciale » qui consistait à dire oui à tout quitte à oublier la réalité et la faisabilité était hors de mon fonctionnement … la transparence n’était pas une valeur partagée de tous….

C’est ce point qui a été déterminant dans la fin de mon parcours dans ce métier. J’étais cheffe de projet print en agence. La course au profit, au détriment de la qualité, des partenariats construits, de la confiance établie avec le client, des contrats RSE nous engageant à travailler sur le territoire, etc. n’était pas compatible avec mes valeurs. J’ai résisté des mois pour mes clients et mes partenaires, malgré la pression et les techniques d’intimidation mises en œuvre … A force de lutter, j’ai fini par lâcher, au sens propre du terme ! Mon corps a lâché et m’a abandonné. J’ai fait un burn-out, j’ai déclenché une maladie chronique du dos. J’ai demandé une rupture conventionnelle et commencé un gros travail de remise en question tant professionnelle que personnelle.


Le bilan de compétences


Le bilan de compétences s’est alors présenté à moi, grâce à une amie. Il me permettait de faire un point sur mon parcours et de me projeter vers un nouvel avenir professionnel.

J’ai beaucoup appris de moi personnellement. J’ai posé et identifié mes forces, ce que j’aimais. En effectuant ce travail, je me suis aperçue que l’écoute de l’autre avait toujours été un élément central, dans ma vie professionnelle ou personnelle. Créer du lien et construire une relation de confiance, découvrir la personne sans jugement, qui elle est, quelle est sa vie ont toujours été d’un réel intérêt pour moi. J’ai aussi cultivé au fil des années une facilité de mise en relation des personnes, c’est identifier un besoin et mettre en relation avec une personne qui pourrait y répondre.

En écoutant les récits, les problématiques, sans porter de jugement de valeur, j’ai développé une faculté à me mettre en observatrice et à voir ce que les personnes ne perçoivent pas sur elles-mêmes. De façon naturelle, je peux les aider à prendre conscience d’une situation, à reprendre confiance, à envisager d’autres solutions, etc.

J’ai alors pris conscience que ces réflexes naturels que j’adoptais, étaient une force. Et ce qu’ils engendraient me procuraient beaucoup de joie désintéressée, je n’attendais pas de retour. Ce que je ne savais pas, c’était que je pouvais utiliser ces facilités comme fondations d’un métier.

La personne qui m’accompagnait sur ce bilan et sur ce cheminement a été très inspirante. Nous avions beaucoup de similitudes tant en termes de valeur que dans notre façon d’aborder la vie. Le jour où je suis arrivée à l’entretien et que je lui ai dit : « ce que je veux faire c’est votre métier », elle m’a répondu qu’elle y pensait également depuis quelques séances, et que cela me correspondait.

S’est alors initié ce nouveau parcours professionnel … se former tout d’abord, puis se lancer avec tous les doutes et les questionnements inhérents à ce virage à 180°.

Aujourd’hui, trois ans et demi après la mise en œuvre de ce projet, mon premier constat est d’être pleinement à ma place. C’est un sentiment précieux que je n’avais pas soupçonné pouvoir ressentir un jour. Loin d’être une satisfaction autocentrée, elle provient également des témoignages écrits ou oraux de mes accompagné(e)s, d’autant plus importants à mes yeux.

Je termine ainsi ce post, en espérant ne pas vous avoir perdu en route et surtout vous avoir éclairé sur mon parcours.

Je profite de ce post pour remercier The Hub Sèvres (thehubsevres.fr) et Sagacit Communication, pour leur soutien, leur accompagnement autant professionnel que personnel.


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